le moment fortuit d'une premiere rencontre, l'inattendu des premiers mots prononcés dans la rue, la délicatesse du trouble qui grise, la confusion du sentiment quand chacun reprend le cours de sa vie sur des numéros échangés. L'attente qui a irrité l'espoir, des détails qui rappellent celui qu'on ne connaît pas encore, l'émoi du premier appel qui rend le jour suivant si différent, puis le silence qui s'installe à nouveau et le temps qui n'en finit plus de se laisser ponctuer de pensées que l'on ne veut pas deviner. Au milieu de la foule, un regard unique, et de nouveau l'attente. Des heures passées a observer le téléphone, les souvenirs de toutes les premières fois. La pudeur des étreinte qui semble donner tant d'importance aux gestes malhabiles, une nuit fragile où l'on ne cessera de se réveiller par peur d'incommoder l'autre, et ce corps qui ne trouve plus sa position de sommeil, ou ce bras que l'on ne sait plus comment placer. Et lorsque l'on a deviné que l'attachement reconnu prendra dans sa vie une place que l'on ne soupçonnait pas, les premières peurs : que l'autre s'en aille au matin, qu'il ne rappelle pas, peur de s'avouer simplement que se mettre à aimer c'est devenir dépendant même pour les plus indociles. Les insatns qui deviennent les moments originels d'un couple : les déjeuners complices qui se succèdent, les premiers week ends, les bravades indécentes où l'on évoque des projets, guettant le regard de l'autre, à l'affût si sensible d'un sourire ou d'un silence. Une vie qui s'installe à deux, comme une délivrance tant attendue.